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 l'écrivain haïtien (ESCRITOR) Ekriven Writer
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CHOIX DE TEXTES   
Extraits de Poèmes et de Romans                                           



Le Domic’île
 (Extraits)

L’amour est comblé de toi

Quand titille dans le poème

Le scintillement de ton regard

Et je te déclare plus belle que je ne pensais

Car mon amour est ivre de toi

Au point que courent des courants d’alizées

Aux lieux des rendez-vous avec ton ombre

Imagine une statue de toi

En plein ciel

Qu’auraient patiemment sculptée mes doigts

En valsant Ô mon amour est fou de toi

Et tu respireras à l’avenir l’air de mon ombre

En expliquant ton silence

À la mer qui est aussi folle de toi

Folle de tes caprices de fillette

Comme ces reines sereines

Sirènes qui montent de nos songes

Ô danse de pluie sur les toits

Te voilà face à l’amour

Trainée par des courants de bruits

J’ai trouvé en te cherchant la case de ma mère

Et c’est avec ton souvenir que je fabrique mon existence

(Extrait1)
_________________________________________

Le passé renversé dans mes mains

J’offre à tes yeux une portion de ma mer

J’étreins la nuit où t’ont cherchée mes pas

Car seul l’albatros détient

Secret de l’abri de tes perles

J’ai peur avais-tu dit de l’aimant de l’amour

Emportée par les courants de l’écriture

Si tu viens vers moi

En douceur la lumière apaisera tes craintes

L’ombre recréera ton profil au bord de mes paupières

Si tu viens à moi

La pureté de l’hiver t’ouvrira ses fontaines 

(Extrait2)



CALENDRIER DE L'ANTILLAIS

 

 Qui danse dans l’histoire ? Qui cadence au rythme d’un Blues le long des carrefours reliant Fort-de-France à Port-au-Prince et Port-à-Piment à Pointe-à-Pitre ? Ça doit sans nul doute être un Antillais ! Lui oui, l’homme à l’âme pleine de richesses d'émergent notes de jazz et solfèges de Blues, l'homme au coeur débordant de rythmes, qui s’en va en slalomant le long des pentes boueuses conduisant vers la mer des Antilles. Un Antillais avec ses reins mobiles, sa démarche houleuse de dragueur, insouciant, aérien, lui qui prend le temps de danser le long des boulevards ornementés d’étalages de friandises, l’Antillais affriolé comme on en trouve dans les Antilles françaises bercées par le vent, le soleil ayant posé estampe sur son visage, remarquez-vous ces reins dont la vélocité dépend de la chaleur tropicale. Et quel est son nom celui-là ? Son nom ! Mais qu'importe son nom, puisqu'il a le sourire intéressé d’un Haïtien, le regard en coin d’un Martiniquais, la démarche en chaloupe d’un Guadeloupéen, sans oublier sa façon toute particulière de jouer avec le temps, de le déjouer, le déplier, le porter à ralentir, il arrive sans problème à attraper le temps en pleine course pour le transformer d'abord en objet manipulable, le rendre ensuite visible, pour finalement le présenter comme spécimen aux visiteurs étrangers en quête de nouveautés. D’où les lignes houleuses des polémiques entretenues avec ces gens-là sur la question de la fuite du temps ; d’où les interminables discussions où l’on passe des considérations philosophiques aux arguments sociologiques liés au pays natal, au milieu social du déploiement de l’être : grandes lâchées de palabres, de parlottes et de parleries lors des éternels débats sur l’épineuse question du temps qu’on perd, l’Antillais allant de ses croyances ancestrales pour faire comprendre aux visiteurs touristes curieux que le temps peut-être apprivoisé, voire maîtrisé. Et puis, si le temps cesse de s’accommoder aux désirs individuels, ce qu’il peut s’en moquer, l’Antillais ! A noter que, même quand son temps lui lance des défis, le toise, le trompe, lui fabrique des cornes, il continue de s’en moquer, arguant que tel temps rebelle est un calque du temps des autres, car le sien, il ne change jamais de parcours, ne va nulle part même quand il se met à courir, à galoper avec sa suite de minutes, ses soldats de secondes, ses fantassins d’heures glissantes, ce temps-là, on ne saurait le remplacer par celui des autres. C’est-à-dire par un temps étranger. Le nôtre étant temps immuable, à la fois tempéré et tempétueux, clinquant, stocké le long des plafonds des esplanades de notre ciel antillais, un temps réuni, programmé par des équipes d’architectes temporels : grands bâtisseurs de collines obliques le long du littoral de ma ville encadrée de misère, baignant dans la douleur, si bien que, traqués par une dictature étouffante, les Antillais obligés de quitter leur espace du temps longtemps, quel que soit le terrain d’aviation sur lequel ils atterrissent, le lieu boulevardé où ils vont déployer leurs gestes de danseurs de Blues, à Paris, aux Champs-Élysées, mon temps antillais m’enveloppe, j’y nage, y plonge, me déplace avec. Mon temps antillais est ce ballon d’oxygène que je traîne autour de moi, dans lequel je respire, puise l’essence de l’existence, à Montréal, sous la neige, mon temps antillais résiste, il conserve au chaud son aquarium où nagent mes pensées car c’est à ce niveau-là que se joue le tout, mes pensées sont tenaces, incorrigibles, elles s’accommodent d’une sorte de modus vivendi qui sculpte mes gestes, si bien que, déambulant le long des rues, propulsé par mes reins solides sur les bas-côtés de Broadway, on remarque ma démarche sautillante de danseur, et, invariablement, j’entends dire, tenez, c’est un Antillais celui-là ! Oui-oui, suivez le rythme de sa cadence, c’est comme une musique qui file le long des trottoirs, un sifflement de colibris émanant chantant dans nos rues, c’est comme un rêve ambulant qui traverse Manhattan, sa peau ensoleillée, sa gueule de rieur riant tout le temps, grignant aussi pour exposer l’étincelante denture miroitant le soleil et cette façon à lui de scruter les jupes, de vouloir tout draguer, son teint antillais tout pareil à son temps, jovial, son regard martiniquais, son sourire haïtien, son déhanchement guadeloupéen, son accent jamaïcain, son espoir cubain, sa mélancolie dominicaine et son déhanchement guyanais en saluant les passants, tout ça ?, Oui-oui, c'est tout cela que transporte mon temps ambulant des Antilles dans les pays que je visite, moi grignard, troubadour la nuit tombant autour de moi, tirant mes dires de l’inventaire de mes contes lancés sous les belles étoiles de mon vécu, mes refrains charriant histoires de loups garous, de misère en noir et blanc, car la misère, elle peut tout aussi bien être blanche, non ? C’est-à-dire, plate, vide, oui, une misère blanche en est une qui ne vous tonitrue pas, ne vous tourmente pas, une misère qui vous laisse en paix. Mais ma misère à moi, elle est plutôt noire, elle a couleur de mes aïeux. Ma misère à moi évolue dans un temps enivré de matières éparses, un temps formé d’une pâte mélangeant air et vent, visqueuse, sans glouglou, résultant à un temps au sein duquel on ne fait que patauger matin, midi et soir, avec risque de s'y engloutir ! Et l’espace de son côté ? Et bien l’espace, c’est autre chose : c’est nous qui le construisons, genre romain, grec, paléolithique, genre nouveau monde/ancien monde, genre colonial, tenez !, j’ai vécu dans une maison de style colonial dans une banlieue new-yorkaise ! Curieux me faisait alors remarquer un Antillais ami observateur, curieux qu’un ancien colonisé choisisse de vivre dans une maison coloniale, d’où un débat entre mon temps antillais et mon nouvel espace vital aboutissant à cette difficile cohabitation entre mon passé d’esclave et mon présent égalitaire, ah oui ! Tu te fous de ma gueule me dit souvent mon passé, vas-y, va-t’en visiter un musée de l’esclavage où tu pourras alors revisiter ce avec quoi avait été construit ton espace des temps longtemps.

(EXTRAIT de Calendrier de l'Antillais, à Paraitre )


                                                             
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